08 mai 2008
L'Autre
L’Autre
Alors que l’enfant avait décidé de faire confiance
A l’esprit nommé famille,
Un autre, -était-ce le fantôme de la jumelle morte ?
L’entraina dans une chambre dérobée au regard
Vivants et déchainés les souvenirs sont instables
Elle y cachait ses précieux rêves
La petite fille qui aspirait à l’autre fillette
Celle venue de plus loin dans le temps
Celle qui pourrait remplacer
Celle dont on piétine le son et la mémoire
Les portes sont closes
Il est interdit d’ouvrir
Il est interdit de voir
L’enfant commença à comprendre
Cachée en elle, autour d’elle,
Il y avait son double qui l’observait
Mais il est déjà trop tard
Elle a compris trop tard
Elle levait ses yeux et voyait son visage
Sa bouche pétrifiée expulsa des histoires inconnues
Plus périlleuses que la mort
Sombrer dans la démence plutôt que la clémence
Une âme plus puissante que le pouvoir
Elle survécut.
.
© Cheyenne Angel, mai 2008
.
.
Photo © Cheyenne Angel
11 septembre 2007
Les mots sont plus grands qu’eux
© Claude Joseph Vernet
.
Les mots sont plus grands qu’eux,
Les sentiments sincères, sans doute
Prétendre de pouvoir s’unir,
S’aimer puis se séparer sans souffrance
Sans que cela tire à conséquence
I need you,
Il l’a dit.
A genoux,
Ich habe solche Sehnsucht nach Dir
Si seulement cela ne faisait pas si mal
Pourquoi se rappelle-t-elle de lui
Toujours, au moment les plus inopportuns ?
Dès qu’elle croit l’avoir extirpé de sa mémoire,
Le livre des souvenirs se déplie à nouveau
Et la colère renait, quelquefois…
Elle l’aime.
Dans ses rêves, elle voulait être sûre de lui
Croire qu’il allait renoncer à tout pour elle
Elle avait cette certitude,
Elle, elle était prête à se sacrifier
Lui : peu importe l’harmonie
Seul compte l’installation électrique
PC, jeux, sa guitare
Ah oui…et quoi déjà ?...
Il part, elle revient
Il revient, elle part
Vibrent les cordes
La guitare se désaccorde
Les regards se dérobent
Puis se cherchent
Une main, un effleurement
Une hésitation
Trop de sentiments,
A ne pas savoir qu’en faire
Elle ne veut pas l’oublier.
Elle le pourrait,
S’il n’y avait pas ce vide.
Cette boule dans la gorge.
D’autres sourires la tentent
Aujourd’hui.
Elle-même a failli sourire…
S’ouvrir
Comment croire encore
Comment ne pas le perdre encore
Comment ne pas se perdre encore,
dans cet océan de manque.
La vue se brouille, le cœur se serre
Grandir fait si mal
Elle ne voulait que de l’Amour
Elle a reçu « pour toujours »…
.
...Pour M&L
.
© Cheyenne Angel
24 juillet 2007
Peindre une toile sur une toile
*
*
Peindre une toile sur une toile
Qu’en dirait l’araignée de cette idée ?
Couleur grise glisse sur la toile
Mille pattes écoutez écoutez
Le pinceau les fait courir là
Le châssis blanc se couvre comme un voile
Fil après fil, goutte goutte là
Bien au-delà des étoiles
Goutte goutte du tube la peinture
Mais la main n’est pas très sûre
Il faudrait qu’elle soit guidée
L’araignée en a pas idée
Combien c’est compliqué
De peindre une toile sur une toile
Elle tisse
Je peins
Elle glisse
Je crains
Une goutte de rosée
Sur la toile au matin
Une goutte rosée
Sur la toile en lin
Quel plus beau compliment
Que de voir M’mzelle l’Araignée
Sur ma toile s’installer
Tellement elle est réelle, vraiment
*
*
*
© Cheyenne Angel
Juillet 2007
06 février 2007
Cette Nuit d'Hiver
Cette Nuit d'Hiver
Seule la brume me tient compagnie
cette nuit d’hiver tardif.
Les amis sont trop éloignés
Evanouis dans le brouillard
Qui m’enveloppe.
Sans eux,
ce monde me parait si gris
et humide.
Et mes mots
Ecris ce soir
Partent en fumée
Personne pour les lire
Personne pour m’entendre
La famille a perdu la mémoire
les rires se sont perdus
et ces mots
jamais ils ne les liront
Non,
jamais ils n‘ont eu envie de les lire
Jamais ils n’ont aimé.
Les mots les effrayent
Les sentiments les intimident
Comment la petite fille peut-elle grandir ?
Dans cette nuit d’hiver,
Elle ne sait où aller.
Vers qui aller.
Seule la brume lui tient compagnie
Cette nuit d’hiver.
© Cheyenne Angel, février 2007
© Photo Cheyenne Angel, décembre 2006
29 janvier 2007
Ange
Ange de pierre grise
Messager
Médiateur entre cieux et la Terre
D’ici et au-delà
Ange
Entre lumière et ombre
Sculpture fantastique
D’art inspiré
Gardien de nos espoirs
Lumière d’éternité
Au soleil
Gracieux tu te dissous
Tes lignes deviennent diffuses
Et disparaissent
Ange
Tu n’es pas le même
De jour et de nuit
Ta pierre accueille
La mousse et le lierre
Ange
Ange de marbre
Ange ce matin tu es
Lumineux, et si froid…
© Cheyenne Angel, Janvier 2007
© Photo Cheyenne Angel, 2006
23 janvier 2007
Vivre
Vivre ivre
Nous le faisons tous,
Matin, midi, soir et souvent la nuit.
Nous le faisons tous,
En plein jour ou à la lumière d’une bougie,
Nous le faisons tous,
Sur le canapé, sur le chemin du travail, ou au Café,
Nous sommes tous ivres
De cet ami qui nous emmène et nous livre
Tous ses secrets, les plus beaux comme les plus vils
Il n’attend que nous sur son étagère
Posés à la légère, droits ou de travers
Choisis par une humeur chanceuse qui nous guide
Pas question d’être timide
Couverture de cuir ou de carton
Avec lui, d‘autres, et
Aucun ne sera laissé à l’abandon
Grimoires ou romans
Recettes de bonne-maman
Chacun d’entres-eux sera un bon moment
Ouvrez la page…
Pirates et contre-espionnage
Compagnons et anneau précieux
Vous serez dans tous ces lieux
D’une pichenette,
d’un doigt humide
Les secrets des druides
Pourraient être à vous,
même les candides
Rencontres et retrouvailles
Tant de portraits
D’une grande intimité
En toute humilité
Je ne pourrais m’en passer
De la joie profonde
De dévorer les livres
De me plier à des mondes étrangers
Et tout oublier autour de moi
.
© Cheyenne Angel, 23 Janvier 2007
*
21 janvier 2007
Sombrer
Sombrer
Sombrer dans le rêve
Sombrer dans l’oubli
Glisser doucement
Loin
Toujours plus loin
A s’enliser
S’abîmer
Où flottent les âmes
Perdue
Perdue aux yeux de tous
Bruits de chaînes
Dans la brume
Toujours plus loin
Oublier
Ne plus jamais penser
Ne plus jamais aimer
Ne plus vivre
Souffle
Respiration
L’ange jette la tête en arrière
La profondeur insondable le tente
Capitulation
© Cheyenne Angel, 20 janvier 2007
.
19 janvier 2007
Des chaînes
Des chaînes
Enchaînée
Enchaînés par tes mots
A cause de tes mots
A ta demande
J’accepte des chaînes
Déchaînée par tes mots
A cause de tes mots
A ta demande
Je meurs d’envie de ne pas accepter tes chaînes
Je meurs d’envie de ne plus accepter te chaînes
Peur
Peur de moi
Peur de toi
Peur du nous
Est ce tout?
Est-ce cela Nous,
Des chaînes ?
.
© Cheyenne Angel, aoùt 2006
.
07 janvier 2007
A la tristesse
Accablée par une sombre rêverie,
j'aimerais feuilleter avec le recul
bienveillant et indulgent du futur sur
l'année passée.
J'aimerais déja l'avoir oubliée.
J'aimerais qu'elle ne compte pas tant!
Et puis réflection faite...
ce n'est que la peur de l'avenir qui dicte ces mots.
06 janvier 2007
2006
2006
L’année arrive
Une fête aussi simple
Que les années du passé
Encore toute jeune,
Elle se voile
Se remplit de tristesse
S’enterre dans la glace
J’ai essayé de parler avec Lui
Supplié…
S’il a jamais été là,
Il s’est détourné
Plus d’espoir
Rien qu’attendre
L’avenir devient noir…



















